On a qd-mm plusieurs exemples cette année (Kardava, Forel, Stringer…) de joueurs évoluant à l'étage du dessous qui, après un petit temps d'adaptation (ou pas) en terme de rythme font parfaitement la maille.
Bcp voudraient faire du principe de post-formation la pierre angulaire du recrutement axé principalement sur des joueurs Espoirs issus des “grands clubs”. On peut des fois, c'est vrai faire jackpot (à l'exemple de Azais, d'autres les années précédentes) mais ça n'offre pas forcément plus de garanties à tous les coups et mieux encore sur la durée.
Les mecs issus d'espoirs, sur le volet rythme, vitesse, réitération des efforts ne rencontrent c vrai pas trop de pblm d'adaptation à la Nationale. Ne serait-ce que parce qu'ils sont jeunes, fougueux et plus simplement ne découvrent pas le principe de 4 entraînements semaine ceci étant leur quotidien depuis 3 ans.
Par contre, un élément à ne pas négliger, c'est la “forme de jeu” qui y est pratiqué ! Là, on touche à qq-chose qui est très différent. Beaucoup plus de différences entre le jeu pratiqué en Espoirs Elite et la Nationale, qu'entre Nationale 2 et une ! En espoirs, les choses sont bcp plus basées sur le mouvement général, le déplacement du ballon (de mémoire sur le plan statistique, c'est 30% de passes de plus qu'en Nationale. Ce qui est logique vu que cette catégorie est sensée être préparatoire au Top 14 !) ce qui signifie moins sur la dimension combat, l'affrontement direct, la domination physique, le jeu au sol etc... Ou pour dire les choses différemment, un joueur peut être performant, voire épanoui en Espoirs sans nécessairement remplir toutes les cases du solide joueur de nationale parce que le jeu qui y est pratiqué requiert d'autre qualités.
Certains, on ça en eux et trouvent vite leurs marques (souvent la recette consiste à “dépouiller” son jeu) mais pas tous. On a qqs contre-exemples que je ne citerais pas nominativement par courtoisie.
L'autre inconvénient, c'est qu'en cas de franche réussite, le joueur sera guetté, sollicité par + gros et, ne s'inscrira donc pas dans la durée (et c'est logique, l'idée étant de faire carrière). Difficile de le retenir et de construire autour ( a fortiori pq jeune donc pas encore installé dans la ville, dans sa vie familiale, affective etc..). Là aussi les exemples ne manquent pas. Alors oui, on est content d'avoir une saison ou deux mais, difficile de capitaliser bien au-delà si le joueur est un tout bon.
A l'inverse, miser sur un bon joueur de Nat2 ( l'idéal étant un mec d'environ 25 ans parce que suffisamment mature sportivement, si possible local on gomme le risque de déracinement; qui vivra l'opportunité “professionnalisme” comme une ultime chance de “faire carrière”, se donnant généralement tous les moyens) si ça n'offre pas de certitudes, t'offre cependant la chance d'avoir un mec motivé, mâture physiquement, qui s'adaptera assez rapidement au jeu de la nationale et sur lequel tu pourras capitaliser peut-être plus longtemps qu'un jeune diamant à dépolir.
Dans la situation d'un club qui n'a pas des moyens colossaux; recruter ce profil de mecs ne me paraît pas plus ubuesque que de recruter un très jeune joueur fusse t-il auréolé d'une expérience espoir élite chez un nom qui claque ou pire, de recruter "venu d'ailleurs" sur les bases d'une poignée de vidéos elles-mêmes “montées” pour mettre en valeur au travers d'une poignée d'actions “choisies”…