Source : Charente Libre
Jules Soulan (l'angoumoisin) vous parle :
Rugby (Pro D2). « Tu as forcément envie de monter en Top 14 » : les ambitions du Charentais Jules Soulan avec Provence Rugby
Le Charentais Jules Soulan a disputé neuf rencontres avec Provence Rugby depuis le début de la saison.
Provence Rugby
Né à L’Isle-d’Espagnac et formé au SCA, Jules Soulan évolue désormais à Provence Rugby, qui reçoit le SA XV vendredi (19h). Le demi d’ouverture évoque la saison des Aixois, deuxièmes au classement, avec ambition.
Après une expérience contrariée en Top 14 avec Oyonnax la saison passée (6 matches), Jules Soulan, passé par Agen, Dijon et Colomiers, a retrouvé les rangs de la Pro D2. Le demi d’ouverture de 30 ans formé au SCA, dont son père Eric fut joueur et entraîneur, porte désormais les couleurs de Provence Rugby, deuxième de Pro D2.
« On a gagné en constance et surtout, on ne s’affole pas, on maîtrise. »
Un sérieux prétendant à la montée dont le natif de l’Isle-d’Espagnac décrypte la mécanique avant la venue du SA XV, ce vendredi soir à l’occasion de la 21e journée.
Vous avez rejoint Provence Rugby l’été dernier. Comment vous y sentez-vous ?
Jules Soulan. Franchement, l’intégration s’est très bien passée. Je suis arrivé dans un groupe sympathique, il y avait déjà un bon petit noyau de mecs qui jouaient ensemble depuis un petit moment. Le groupe est simple à vivre, assez jeune. Je n’ai que 30 ans mais je fais presque figure d’ancien !
Dans quelle optique êtes-vous arrivé ?
J’ai passé deux magnifiques saisons (en Pro D2) à Oyonnax, la troisième en Top 14 a été plus délicate. J’ai joué tout le début et après la Coupe du monde, j’étais un peu au placard. Je traînais une vieille blessure à la cheville, je me suis fait opérer. À ce moment-là, j’avais besoin d’un autre challenge. J’avais encore faim, du fait d’avoir été presque privé de m’exprimer en Top 14. Je voulais trouver un projet ambitieux pour essayer d’y retourner.
Quel regard portez-vous sur vos performances individuelles ?
Ça se passe bien. On est deux sur le poste (NDLR. avec Jules Plisson), donc on tourne pas mal selon les choix de composition. En début de saison, je n’avais pas trop de rythme, en plus je me suis fait une petite blessure à un mollet en octobre. Mais depuis Noël, ça revient bien. Le club, l’équipe, les infrastructures sont tops, donc ça donne envie. J’attends un peu plus de moi pour pouvoir enchaîner, performer un peu plus, mais je suis content de mes sensations sur les dernières rencontres.
Provence Rugby est actuellement deuxième. Comment jugez-vous les deux premiers tiers de la saison ?
On a une belle profondeur d’effectif, une équipe homogène. Après, notre vraie force, c’est devant. Quand tu avances quasi continuellement, c’est beaucoup plus facile de jouer, ça te met en confiance. Et derrière, tu as quelques facteurs X qui sont dangereux dès qu’ils ont des ballons. Mais encore plus quand tu es dans l’avancée et que tu uses l’adversaire.
Ça a été un peu poussif au début. La saison dernière, ça n’avait pas été très tendu pour être dans les deux premiers, donc cette fois on était vu comme un favori. Tout le monde nous a joué avec la peur et donc de l’engagement. On n’a pas été mis en énorme danger, mais on savait qu’il faudrait faire plus. Depuis, on a gagné en constance et surtout, on ne s’affole pas, on maîtrise.
Avec ces belles promesses, quelles sont les ambitions de la fin de saison ?
Tu as forcément envie de monter, de te confronter à ce qui se fait de mieux en France avec le Top 14. Mais l’objectif principal depuis le départ, c’est de faire mieux que la saison dernière. On avait fini en tête de la saison régulière, fait une demi-finale mais loupé la finale. Donc faire mieux, c’est essayer d’être en finale. Et après, c’est un match pour monter.
De l’extérieur, le club semble être taillé pour la montée en Top 14. Voyez-vous des similitudes avec le parcours d’Oyonnax ?
Ce qui me saute aux yeux par rapport à la saison où on est remonté en Top 14 avec Oyonnax (NDLR. saison 2022-2023), c’est la solidité du paquet d’avants, cette domination qui donne de la maîtrise. Un peu une impression de force tranquille. Au fur et à mesure du match, tu commences à voir l’adversaire qui s’épuise et toi il t’en reste pour faire la différence. Oyo était déjà structuré parce qu’il faisait le yo-yo. C’est différent dans notre cas, ce serait comme Vannes, un peu l’inconnue.
Avez-vous le sentiment d’avoir fait le plein de confiance avec votre victoire à l’arraché à Mont-de-Marsan la semaine dernière ?
Bien sûr. On aurait perdu ce match, ça nous aurait mis un petit coup car on était sur une bonne dynamique. Ça nous amène encore plus de confiance. Après, ça ne sert à rien d’aller gagner à Mont-de-Marsan si tu tombes contre le SA XV. C’est hyper important de valider, ça nous ferait trois sur trois sur le bloc en cours, qui va compter cher. On a confiance en notre jeu, en nos forces. On sait qu’Angoulême est une très bonne équipe, qui plus est à l’extérieur. On connaît le danger, on s’attend à un match solide.
Comme Grenoble, vous êtes la seule équipe invaincue à domicile cette saison. C’est un véritable atout ?
À domicile, il y a un énorme engouement, les gens se déplacent en masse, on est à guichets fermés depuis 10 ou 11 matches (Ndlr. 8.500 places). C’est hyper important pour nous de garder cette invincibilité. Après, quand tu veux avoir de l’ambition, tu ne peux pas séparer les matches à domicile de ceux à l’extérieur. Il faut que tu arrives à imposer ton jeu partout. On veut avoir cette approche.
La saison du SA XV vous surprend-elle jusqu’à maintenant ?
Je trouve que c’est une magnifique saison. Le boulot a été déjà bien fait sur le recrutement depuis quelques années, avec les venues de gros joueurs comme Tilsley, Botica, May. C’est bien d’avoir ces noms, mais il y a aussi des petits jeunes qui sortent.
Et puis il y a le travail autour du manager qui commence à porter ses fruits pour sa deuxième saison. C’est vraiment une équipe solide. L’an dernier, elle l’était déjà, peut-être avec un peu moins de profondeur. C’est intéressant. Mes parents vont régulièrement à Chanzy. Ils y prennent du plaisir et à chaque fois ils me disent : « attention, ça joue bien ! »