Pour ceux qui n’ont pas La Voix du Nord, je vous fais un résumé de l’interview d’Olivier Gradel, parce qu’elle est franchement importante pour comprendre où en est le club.
Et honnêtement… ce qu’il dit n’est pas rassurant.
Le président explique clairement que l’OMR arrive au bout de son modèle économique. Le club perd 600 000 € par an, et ce sont toujours les mêmes 30 actionnaires – des patrons locaux, pas des milliardaires – qui comblent le trou. Ils le font depuis des années, mais ils s’épuisent. Prés de 35 partenaires n'ont pas renouvelé cette année, contre 5 habituellement.
Le problème majeur, c’est que les grosses entreprises de la région ne s’engagent pas derrière le rugby. Alors qu’il y en a plein, et des très puissantes. Ailleurs, les clubs pros vivent grâce à un actionnaire fort : Michelin, Altrad, Andros, Lorenzetti… Ici, à part les Mulliez et Vinci, personne ne s’implique vraiment. Et les politiques jouent trop “soft” pour convaincre ces grands groupes.
Pourtant, le club coche toutes les cases :
– pas de concurrence rugby dans tout le Nord,
– un public fidèle entre 2 500 et 3 000 personnes,
– une formation qui fonctionne,
– une identité qui dépasse même la métropole (jusqu’à 10 % de Belges au stade),
– et même un projet ambitieux de centre de formation européen.
Mais tout ça ne suffit pas sans investisseurs solides. Le président dit clairement que si rien ne bouge :
- le club fera un budget “à l’équilibre”, mais avec une équipe affaiblie,
- adieu l’ambition Pro D2,
- et à terme, le projet pro pourrait s’arrêter.
Il rappelle aussi que ces 2 dernières années, 4 clubs pros (hors rugby) de la métropole ont fait faillite. Donc le risque est bien réel.
Conclusion : oui, il y a de quoi être inquiet.
Le terrain, la formation, le public, l’image… tout avance.
Mais si les grands acteurs économiques ne suivent pas, l’OMR ne pourra jamais passer un cap.
Et pour finir, le message qui ressort vraiment de l’interview, c’est que l’OMR a l’impression de porter le projet trop seul, sans relais financier puissant autour de lui.